Le vol à voile

Le planeur a permis le premier vol maîtrisé de l’homme dans un aéronef“plus lourd que l’air”. On doit cette prouesse à Otto Lilienthal en1890, (son planeur est exposé au Musée du Bourget) qui s’élança le long d’une pente sur un planeur de sa production.


Comment ça marche ?


En plaine ou en montagne, le vol en planeur est praticable toute l’année, selon les conditions météorologiques.

Le planeur, dépourvu de moteur doit puiser toute l’énergie du vol dans l’atmosphère. Pour faire voler un plus lourd que l’air, il faut faire apparaître une force qui s’oppose au poids de l’engin.

Cette force c’est la portance qui résulte de la différence de vitesse de l’écoulement de l’air au-dessus et en-dessous de l’aile. Le planeur suit donc une trajectoire descendante sur laquelle l’entraine son propre poids.

Mais, lorsque le planeur rencontre une masse d’air ascendante dont la vitesse verticale est supérieure à la vitesse verticale descendante (taux de chute) du planeur : alors il prend de l’altitude.

Le vol en planeur consiste à prendre et à reprendre de l'altitude pour le plaisir de voler ou pour accomplir des circuits de plusieurs centaines de kilomètres.


Les thermiques ou ascendances 

Nous utilisons différentes energies naturelles en vol. L'une d'elle est appelée "thermique" ou "ascendance" ou encore "pompe" en argot des pilotes. Cette énergie naturelle est due aux contrastes d'échauffement du sol par le soleil et à l'instabilité de la masse d'air. Pour une certaine température au sol, les molécules d'air au contact du sol deviennent assez chaudes pour s'élever, l'air chaud étant plus léger (moins dense) que l'air froid.

Ce brassage, comparable à celui de l'eau qui frémit dans une casserolle, est appelé "convection", il permet d'homogénéiser la température dans les basses couches de l'atmosphère (et dans votre casserolle...).

C'est aussi ce brassage que vous sentez parfois en avion de ligne en début et fin de vol qui crée des zones de turbulence que certains appellent "trous d'air" or il n'y a aucun trou dans l'air (avis aux journalistes)...

Lorsque ces "bulles" d'air chaud, souvent organisées en colonnes d'air chaud, sont suffisamment puissantes, elles deviennent exploitable par les oiseaux et les pilotes qui vont tenter de rester dedans pour prendre de l'altitude en décrivant des cercles.

Sous certaines conditions, ces bulles atteignent en altitude une température et pression qui les sature en humidité, des gouttelettes d'eau se forment tel un brouillard, cela forme les jolis cumulus dans le ciel.

Le jeu du pilote est donc de détecter ces cumulus, d'évaluer leur vitalité liée à la vitalité de la "bulle" ou de la colonne d'air chaud qui a créé le cumulus, puis de l'exploiter.

En contrepartie, autour de ces bulles d'air chaud la masse d'air est plus froide et donc descendante...

le pilote cherche donc aussi à éviter ces zones descendantes ou les traverser vite pour trouver de nouvelles ascendances sans trop perdre d'altitude. Il utilise pour cela ses sensations transmises par le planeur et ses instruments qui lui indiquent sa vitesse verticale en mètres par secondes (chiffres sur les schémas).

Il profite aussi souvent d'alignements de thermiques aidés par le vent, bien pratique !

En france on monte sous cumulus souvent entre 1000 et 2000m sol et le taux de montée moyen dans les ascendance est de 1 à 3m/s (votre vitesse de footing).

Ce phénomène thermique n'a été découvert que tardivement par les pilotes qui faisaient de la "pente" dans les années 30. Il est devenu aujourd'hui le principal moyen de se déplacer dans les airs en planeur, les performances des planeurs modernes permettant de rater quelques "bulles" sans risquer de visiter trop souvent les prés... ;-)

Photos : Lucas Delobel (Châlons-en-Champagne et Narromine Australie).


Vol de pente ou dynamique 

Une autre est appelée "dynamique" ou "vol de pente".

Cette énergie naturelle est due au vent frappant un relief.

L'air ne rentrant pas dans le sol, le flux d'air venant de la droite sur cette photo est contraint d'éviter l'obstacle. Il est ainsi défléchi vers le haut par la montagne.

Cela produit un fort courant d'air ascendant dans lequel nous allons pouvoir surfer.

Pour nous aider à déterminer quelles pentes sont propices à ce phénomène, il suffit d'évaluer la force et la direction du vent à l'approche de cette pente.

Si le vent détecté est quasi perpendiculaire à la montagne c'est gagné.

Le mouvement du planeur dérivant dans le vent, les nuages et leurs déplacements, les arbres, les oiseaux qui s'amusent,... sont autant de marqueurs confortant notre choix.

Le vol de pente est un moyen très pratique pour parcourir de grandes distances sans s'arrêter.

C'est la 1ère énergie utilisée par les pionniers du vol en planeur sur les plages (dune de Kitty Hawk par les frères Wright) et les collines (Lilienthal en Allemagne puis la grande majorité des clubs de planeurs des années 1915 à 1940).

C'est une des principales sources d'énergie en montagne mais même en plaine elle aide les courants ascendants thermiques à s'organiser (une petite colline est déjà une pente). Il n'est pas rare d'avoir entre 3 et 6m/s de vitesse verticale sur une pente bien alimentée en vent et bien verticale.

Classiquement on montera maximum 100 à 150m au-dessus d'une montagne avec ce phénomène dynamique. Au-delà il est amorti dans l'air.

Photo : Le Cheval Blanc (près de Digne les Bains).


Onde orographique

La dernière est appelée "onde orographique" par les scientifiques, nous l'appelons "onde".

Cette energie naturelle est un simple rebond de l'air sous le vent d'un relief comme l'eau d'un torrent en aval d'un cailloux.

Le flux d'air venant de la gauche sur cette photo est rabattu sous le vent de la montagne (cachée par les nuages) puis rebondit au fond de la vallée pour remonter et former une vague invisible sur laquelle nous surfons jusque dans la stratosphere.

Pour nous aider à voir cette vague la nature a créé des nuages. Dans l'air rabattu et plaqué vers le sol ils disparaissent. Dans l'air qui rebondit et est propulsé vers le haut ils apparaissent. Magique.

Reste à nous là-haut à détecter ces marqueurs de vagues et les exploiter pour surfer vite et loin en nous plaçant juste en amont de là où les nuages se forment.

C'est de loin la puissance la plus forte dans le ciel que nous exploitons, parfois plus de 15m/s de taux de montée (imaginez monter verticalement à plus de 60km/h !!!).

Photo : Vallée du Jabron à l'ouest de Sisteron.


Merci à Benjamin Néglais instructeur au Centre National de Vol à Voile CNVV pour ces explications qui nous ont permis de réaliser cette page


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L'histoire de notre aéro-club est passionnante. Notre ami Michel Loiseau a mis en ligne le travail de mémoire effectué par Jean Claude Néglais et quelques autres, de la lecture et plus de 3000 photos.

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